Dans son nouveau feuilleton Mehdi nous revient en marin breton 

TOUR à tour montagnard et cavalier dans les précédents épisodes de la série des « Sébastien » — écrits et réalisés par sa mère, Cécile Aubry — Mehdi nous revient ce soir en marin breton. Il est, dans Sébastien et la « Mary-Morgane », le neveu d'un vieil armateur (Charles Vanel) au cœur aussi rude que le visage. Et c'est dans les Côtes-duNord, aux environs de Saint-Quay-Portrieux, que l'essentiel de ce feuilleton a été tourné, l'été dernier. Cette fois, Mehdi a changé. Il a douze ans. Il a grandi. Il a toujours ses yeux en amandes, mais ce n'est plus un enfant. C'est un garçon solide, casse-cou, bagarreur qui, entre deux prises de vues, sautait sur sa bicyclette pour exécuter des acrobaties à vous donner le vertige, en compagnie de Yannick, sa doublure « lumière », un Breton de treize ans et demi qui était vite devenu son inséparable copain. Très sportif, Mehdi se battait pour rire avec Yannick, roulait par terre, se relevait, le plaquait aux jambes, l'envoyait au tapis, turbulent, rieur... De temps en temps, il l'entraînait dans un coin de jardin et tous deux entamaient une longue partie de crapette pour souffler. Dès qu'ils en avaient le temps, ils organisaient des parties de boules avec les acteurs et les techniciens du film. Sérieux comme un pape, Mehdi « pointait », comptait les points, interrompu seulement par les appels de sa mère qui lui demandait de venir jouer sa scène. 

Jardin sur la mer 

« Oui, Mme Aubry, hurlait-il, j'arrive... Vingt-cinq mille francs la minute ! » Il retrouvait son sérieux pour devenir Sébastien. La façade du manoir qui sert de décor au feuilleton était tiède du soleil d'août, la cour, ombragée de grands arbres. Le jardin, éclatant de fleurs, s'ouvrait sur la mer. Mais, dans ce décor de vacances Mehdi n'était pas en congé il était de toutes les prises de vues et, chaque soir, après le tournage devait réviser son texte du lendemain. Les rapports de Mehdi avec les autres acteurs ( Charles Vanel, Jacqueline Danno, Jacques Godin, Henri-Jacques Huet, etc.) ont été excellents. Mehdi les considérait comme des gens de son âge et n'hésitait pas à leur faire mille facéties. Charles Vanel ( soixante-douze ans), son principal partenaire, n'y échappait pas plus que les autres. Dans le travail, Mehdi retrouvait tout son sérieux de véritable « professionnel ». Son importance dans le monde du spectacle, sa jeune célébrité ne l'impressionnent pas. Il est resté gentil et simple avec tout le monde. Il était étonné, cet été, d'entendre ses jeunes admirateurs scander son nom à la porte du manoir. 

Corvée d'autographes 

Quand des colonies de vacances entières attendaient, pour l'entrevoir un instant, il était prêt à se réfugier au fond du plus haut grenier pour éviter la corvée d'autographes. Il a manifesté, tout l'été, un goût certain pour le déguisement, la mystification. Un vieux caban lui suffisait à se rendre méconnaissable. Mais, le cœur sur la main, il partageait sa limonade et ses biscuits aux raisins secs avec les copains, choyait les bêtes, et particulièrement sa nouvelle chienne, « Roxane », superbe épagneul qui a tourné dans le film et a remplacé « Belle », morte l'an passé. L'intrigue du nouveau « Sébastien » lui semblait parfois obscure et il avait du mal à comprendre la signification profonde de certaines scènes, notamment avec Clarisse (Jacqueline Danno), vieille fille encore jeune qui croit aux fantômes. Après deux mois et demi laborieux passés entre le manoir et la « Mary-Morgane », le chalutier de son « oncle » Vanel, sur lequel se déroulent plusieurs scènes, Mehdi est parti, tourner les dernières scènes à Fécamp, au milieu des terre-neuvas. 

"C'est toujours de ma faute"

Après le tournage, il a regagné le collège où il est pensionnaire, contraint de mettre les bouchées doubles pour rattraper le temps perdu. Car il est entré en classe en retard après cet été où il n'était libre de s'amuser comme les autres garçons de son âge que le dimanche. Chaque weekend, il retrouve sa mère, sa grand-mère et « Roxane », au « Moulin Bleu », la propriété de Saint-Cyr-sur-Dourdan où vit Cécile Aubry. Sa mère, il l'adore, même si, parfois, il se met en colère ou a les larmes aux yeux parce qu'elle l'a réprimandé pour une réplique fausse ou un manque d'attention. « C'est toujours de ma faute, c'est toujours moi qui me fais... disputer ! » crie-t-il furieux. Une minute après, il a retrouvé son calme et son courage. Car Mehdi, s'il est impulsif, n'est jamais méchant. Les filles commencent à le faire rêver et il savait, l'été dernier, apprécier la grâce des jolies estivantes ou des voisines de sa villa. Plus tard, Mehdi ne sait pas exactement ce qu'il veut faire. En tout cas, il ne sera certainement pas acteur. Plutôt metteur en scène. peut-être... « Avec maman comme actrice, pour me venger », dit-il dans un grand éclat de rire. 

Le loup de mer Charles Vanel a écumé les restaurants 

Il a eu soixante-douze ans cette année, mais il reste droit comme un if, avec son visage buriné par les vents et les soleils et son sourire plein de jeunesse. La pipe aux dents, il caresse son bouvier des Flandres, « Gégène », un œil rivé sur la mer et les bateaux, qui restent sa plus grande passion. A son palmarès, Charles Vanel a inscrit, pour l'instant, plus de deux cents films. Sans compter toutes les pièces qu'il a jouées depuis ses débuts, en 1908, sur la scène du théâtre Montparnasse : il avait seize ans et demi et touchait un franc par soirée, pour être un spadassin dans « La Bouquetière des Innocents ». Dans le nouveau feuilleton de Cécile Aubry, Charles Vanel joue le rôle d'un vieux capitaine breton, retiré dans un manoir où les choses et les gens paraîtront bien bizarres à Sébastien. Pendant toute la période du tournage, Vanel s'était installé dans une villa rococo dominant la mer. Avec sa jeune femme, il a écume tous les restaurants de la côte, sans oublier les petits bistrots où l'on mange de la saucisse bretonne aux choux au milieu des pêcheurs et des estivants peu argentés. Et quand des jeunes gens venaient lui demander « si, par hasard, il ne ferait pas du cinéma », il répondait : « Du cinéma, moi ? Non, vous devez confondre... » 

Article issu du site Base de Données de films français avec images avec son autorisation. Voir la page source en cliquant sur le lien ci-dessous : 

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Cécile Aubry Mehdi Sébastien et la Mary-Morgane Charles Vanel

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