Belle et Sébastien

Belle et Sébastien

Rusty, le chien intermittent du film "Belle et Sébastien"

Le 10/02/2014

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  • La Provence

Par Chantal Malaure

Issu d'un élevage local, il a été doublure dans le remake de Vanier

Mensuration : 75 cm au garrot. Poids : 75 kg. Voilà un beau gros bébé de 4 ans qui répond au doux nom de Rusty, comme le petit détective américain du film de Shuky Levi. Lui aussi a tâté du 7e Art, non pas en guest star mais en doublure. Pas dans n'importe quelle production, une française qui cartonne (2 700 000 entrées), le dernier film de Nicolas Vanier, le musher de tous les records (il a créé la grande Odyssée Savoie-Mont Blanc et est actuellement sur le chemin de l'Odyssée sauvage un périple de 6000 km en Sibérie en compagnie d'une meute de 10 chiens).

L'aventurier a une marotte quand il est derrière la caméra, réunir un homme, un animal et un paysage. C'était le cas avec Loup et Dernier trappeur. L'adaptation de la série télévisée phare des années soixante, Belle et Sébastien, tombait pile poil. Le décor était déjà bien planté, la Maurienne-Vanoise dans les Alpes. Pour le petit héros, sur 2 400 candidats, Félix Bossuet, 8 ans, sortit fièrement du chapeau. Pour l'imposante vedette poilue, ce ne fut aussi pas une mince affaire. C'est le dresseur canadien Andrew Simpson qui se chargea de la bonne pioche : trouver le bon patou, à la robe blanche immaculée, un mâle car les femelles sont trop "menues", et de bonne compagnie.

Sur la centaine de molosses étudiés de près, huit avaient la "carrure" du rôle. En vedette, d'un bout à l'autre du film, Garfield, un montagne des Pyrénées de 3 ans appartenant à un couple d'éleveurs de Lunel-Viel dans l'Hérault. C'est lui que l'on voit dans les scènes de gros plan et d'action rapprochée. Et il y a les doublures. "Des doublures qui nous servaient pour les répétitions afin, au maximum, de préserver "l'actrice principale", explique Nicolas Vanier. "On avait besoin d'elles pour caler les caméras, les mouvements ou quand on filmait un petit point blanc à l'horizon".

Le Patou du Bramaire

Et dans ce lot de doublures, il y a Rusty que l'équipe des assistants de Vanier a repéré, en décembre 2012 dans le Luberon, à Lauris, au sein du Patou du Bramaire, l'un des deux élevages de patous de Vaucluse (l'autre est à Visan). Rusty a donc "pointé" comme intermittent du spectacle trois mois durant, sur un tournage enneigé. Bon pépère, il a suivi les consignes sans rechigner. "Nous n'étions pas avec lui, souligne Christian Planud, l'éleveur. Mais tout s'est passé au mieux avec les dresseurs".

Tout comme le retour dans son enclos qu'il partage avec une belle, une vraie femelle pour le coup. Et pas cabot pour un sou (en passant le secret est bien gardé sur ses indemnités journalières ). En revanche, son maître a vu lui, les demandes affluer. "Ça n'arrête pas depuis la sortie du film, mais nous avons peu de portées car nous faisons attention à ne pas épuiser les femelles. Actuellement j'ai 4 petits de 40 jours et ils sont depuis longtemps réservés" tient à préciser Christian Planud dont l'élevage compte actuellement 14 patous.

Avant de céder un animal, Christian tient surtout à savoir où il vivra, "appartement s'abstenir. Je suis là les consignes de la Société canine". 5 % de ses acheteurs sont des bergers, "J'en ai dans le Mercantour, où le patou est le rempart contre les loups".

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